What's shakin' ?

Hier, nouvelle journée un peu étrange. On retourne à l'école encore une fois le matin pour finaliser les plans de communications aux parents et tout ce qu'on voudrait envoyer. On prépare même un "emploi du temps" pour aider les familles à gérer les temps d'apprentissages dans la journée (même si c'est plus un exemple qu'une règle à suivre !).

Ca me permet aussi de faire un gros sac avec plein d'affaires. J'envisage de plus en plus l'idée qu'on ne revienne pas du tout à l'école... Ce qui veut dire qu'il faudra faire classe depuis la maison, ce qui veut dire qu'il me faut du matériel !
J'embarque des bandes colorées, des ardoises et feutres de toutes les couleurs, des feuilles cartonnées, des livres en français, des cubes, des petites horloges... et mes plantes qui risquent de doucement mourir ici si je les laisse.

On se dit au revoir vers midi et demi et retour à la maison. Le temps de manger et je m'attelle ensuite à me faire mon coin bureau, organisé au mieux. J'y passe un moment, à peine fini qu'il faut encore que je fasse une formation en ligne. Théoriquement, nous devons le faire 2h chaque jour ... mais le temps est radieux dehors, Nathan est sorti promener et raconte comme il fait beau et chaud. Il est 4h30, je ne suis plus sur mon temps de travail prévu, tant pis pour les 2h, je sors !

On prend un pouf et on s'installe dans le parc à côté de la maison avec les guides du routard pour préparer notre road trip. On reste une bonne demi-heure sans même les ouvrir, juste à profiter du soleil et de sa chaleur.

Vers 6h30 on retourne finalement à l'appartement. Je termine mon module en ligne et Charlène et Zoé arrivent. On se retrouve pour une petite bière de la Saint Patrick à la maison, apéro dinatoire. Mais attention... assiettes séparées, aucun bol partagé !

On papote Coronavirus et organisation des cours à distance. Je dis en rigolant que si y'a bien une chose que jamais je n'aurais pensé faire en devenant instit, c'est faire du télé-travail !

8h30, on se colle devant "Un jour sans fin", que les filles n'ont encore jamais vu. Nous on retrouve certaines scènes qu'on avait oublié. Très sympa !

Les filles repartent, Nathan s'effondre dans le lit bien fatigué.

Comme d'habitude il part au travail en pleine nuit, pour ma part je me rendors vite, réveil prévu à 7h30 grâce au télé-travail, de quoi faire encore quelques heures de dodo.

Mais...

Tout à coup, vers 7h, j'ouvre les yeux réveillée par le bruit au-dessus de moi. Pendant quelques secondes, je crois que ce sont les voisins du dessus qui piétinent et tapent sur le sol, car j'entends comme si toute une troupe tambourinait des pieds au plafond.

Mais le bruit s'intensifie et je réalise que c'est en fait tout le bâtiment qui fait un bruit, les murs et les vitres vibrent carrément et me voilà en train de bouger de droite à gauche tout en vibrant. Je mets quelques secondes à comprendre que c'est un tremblement de terre, et pas un petit !

Je reste bêtement assise là dans le lit, des milliers d'informations apprises au cours des années défilent dans ma tête, je regarde autour de moi en me demandant s'il vaudrait mieux me mettre sous le bureau pas très solide ou dans un encadrement de porte ?

Heureusement le tremblement de terre s'arrête. Quelques secondes en réalité, mais terrifiantes, longues, très longues, à se demander si bientôt les voisins du dessus ne vont pas atterrir sur mon lit.

Tout de suite j'enlève le mode avion du téléphone qui se met à sonner frénétiquement : les collègues qui demandent si tout le monde va bien, Nathan qui me demande si j'ai senti ça, les filles qui demandent ce qu'il faut faire en disant à quel point elles sont paniquées...

Je prends un moment pour répondre et je vais timidement sous la douche, un peu peur que ça recommence. Nathan rentre par les petites routes pour éviter l'autoroute au cas où des répliques arrivent.

Il y a effectivement pas mal de toutes petites répliques, qu'on ne sent pas vraiment mais qu'on entend dans les murs qui boiseries qui craquent.

Vers 8h, Nathan arrive enfin. On en parle vivement, on se raconte ce qu'on a ressenti. Il m'explique qu'il était dans la voiture, qu'il a démarré et a cru au départ que c'était le moteur qui était en train de s'emballer sévèrement... Avant de penser que des personnes étaient en train de lui secouer la voiture... Avant de comprendre que c'était un tremblement en voyant dehors un 4x4 bouger dans tous les sens. Après les secousses, sorti de sa voiture, échangé quelques regards avec d'autres personnes qui ont fait de même : Earthquake ? Yeah, earthquake !

Je lui raconte pour ma part mon joyeux réveil et ma grosse peur. J'en ai encore les jambes toutes coupées !

Vers 8h15, première "grosse" réplique. On discute dans la cuisine avec Nathan, qui est impressionné de voir comme on ressent ça à l'intérieur du bâtiment.

Deuxième "grosse" réplique vers 13h, on finit de préparer à manger en discutant, quand je vois soudain la plaque et le four littéralement bouger devant moi, de droite à gauche. Impressionnant !

Au final, les journaux en ligne nous apprennent que le premier tremblement était de magnitude 5.7 (ça fait bouger un peu quand même hein), la plus grosse réplique à 13h était de magnitude 4.7. Paraît-il que ça n'était pas arrivé depuis 1992...

Si on s'y attendait ! En pleine crise de coronavirus, voilà qu'il nous arrive un truc qu'on n'aurait pas pensé vivre dans une vie entière...

Pour nous rien de cassé, seulement des tiroirs et des portes qui se sont ouverts tous seuls. La résidence a tout de suite envoyé un mail pour annoncer des contrôles, qu'ils ont effectué toute la journée, dans chaque parties communes et dans chaque appartement. Rassurant !

Certains collègues se sont retrouvés avec fissures au plafond et provisions sur le sol, mais rien de méchant.
Plus de peur que de mal !

On pourra dire que les Etats-Unis nous auront réservé quelques surprises...

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