Brain Boosters

Mercredi et jeudi sont deux journées "Brain Boosters".

Kézaco ?

Des activités un peu différente de ce qu'on fait en classe, menées par d'autres enseignants (spécialisés). Au programme : sport, arts, technologie et bibliothèque.

Et pour nous enseignants : une heure, une heure entière de notre matinée marathon libérée... Quel luxe !!

Du coup ce matin, accueil avec l'exercice de maths comme toujours, puis nous nous installons ensemble devant le tableau et j'explique le fonctionnement, je donne les groupes et l'heure de début. Tous les élèves sont surexcités de commencer enfin les Brain Boosters !

L'accueil prend du coup un temps de fou comparé à d'habitude, mais tant pis. On passe ensuite au problème et à la notion mathématiques du jour (division par soustractions).

Nous commençons tout juste les exercices de maths du jour que la collègue d'en face me fait signe : Ha ben oui, déjà 9h40 !

J'amène un groupe au gymnase (à l'intérieur de l'école, juste l'escalier à descendre, troooop cool), et je tourne les talons : libre !

J'avoue que je savoure un peu... Une vraie pause dans ces longues matinées fait un bien fou.

A 10h40, je récupère mes élèves qui ont bien évacué et sont prêts à se concentrer à nouveau. Nous terminons gentiment les maths et passons au français.

Henry, mon petit élève de la classe jaune qui a des gros gros soucis de troubles de l'attention, est absolument parfait aujourd'hui. Il complète exercice après exercice, et absolument parfaitement en plus !

Il me fait d'immenses sourires à chaque fois que je le complimente de ses efforts, je crois qu'il ne peut pas être plus fier que ça... et moi avec !

Le soir, rentrée à la maison, je m'empresse de faire un mail à ses parents pour leur expliquer à quel point il a fait des efforts aujourd'hui, et à quel point c'était un immense plaisir de le voir si fier et de l'avoir avec moi en classe.

Lendemain matin, je découvre une réponse du papa qui me dit que je ne peux pas imaginer quel plaisir c'est de lire mon mail. Réponse aussi de la maman, qui me dit qu'elle était en larmes en lisant mon mail et qu'elle ne peut pas me remercier assez pour tous ces gentils mots et tout mon travail. "You are the best !"

Je la croise à midi au moment de récupérer ma classe, elle me saute dans les bras (autant les américains ne font pas la bise, autant ce sont des grands fans des câlins !). Elle me remercie encore chaleureusement, et me dit que je fais du super travail, que les élèves m'adorent. Je ne les ai visiblement pas traumatisés d'avoir été plus strict ces derniers jours...!

Journée plus difficile en général aujourd'hui (jeudi). Il faut dire que je me suis couchée très tard hier pour terminer les fiches de révisions de maths (celles du livre ne sont pas du tout du tout adaptées à des jeunes apprenants de la langue française), et que la semaine commence à peser. Je sens que je ne suis pas du tout patiente, et le pire c'est qu'il va en falloir de la patience.

Parce que oui, aujourd'hui révision ce qui veut dire exercices sur fiches en autonomie pour ceux qui peuvent pour que je puisse travailler en petit groupe avec ceux qui ont du mal (à se concentrer ou du mal avec la notion tout court).

Je travaille donc avec 6 élèves, passant de l'un à l'autre et aidant par des bribes de mots et des dessins, les uns après les autres : l'un commence l'exercice que je viens de lui expliquer, zoup je passe à l'autre qui a des difficultés de concentration en disant simplement son prénom et en reposant la question posée 10 secondes avant. Et hop, je repasse à l'autre au bout de la table qui termine, pour lui dire ce qu'il faut faire ensuite, tout en prenant le temps de féliciter celui du milieu qui a réussi son exercice. Le tout en jetant un oeil en permanence sur le reste de la classe et sur les 4 élèves qui, je le SAIS, ne vont pas travailler mais préfèrent causer et qu'il faut reprendre toutes les deux secondes pour arriver à leur faire faire une fiche.

Pour autant les élèves sont quand même plutôt sages et jouent le jeu. Seul problème : après autant de temps à rester sur une fiche, c'est la cata ensuite. Difficile d'avoir leur attention, ça papote, ça gigote, ça joue avec les stylos et ça se balance sur les chaises. Je tente un exercice physique pour réviser le français (prépositions de lieu en se mettant sous la table ou debout sur la chaise, ils aiment bien bizarrement !), mais une fois revenue à leurs tables, impossible de les garder plus que trois secondes concentrés.

Je me bats quand même, moi-même crevée.

Et c'est exactement la même chose l'après-midi. Avec en plus Joshua qui vient travailler à ma table et qui ne fiche rien, littéralement rien. Je suis vraiment inquiète, je n'arrive pas encore à savoir si c'est de la paresse ou s'il ne comprend vraiment rien au français... (à mon avis, c'est du 50/50).

On en discute avec Ann-Marie, on prévoit de convoquer les parents pour en discuter car c'est plutôt alarmant en début d'année..!

La journée se termine, je suis crevée. Réunion dans la bibliothèque pour expliquer un nouvel outil qui va sûrement être utilisé pour noter les élèves. Ok d'accord mais comme d'habitude, vocabulaire technique, abréviations, et ce principe du "on comprend de quoi je parle". Pas compris la moitié et je m'endors sur ma chaise, les yeux ouverts...

On nous libère finalement, je file à la maison. Mangé, préparé la classe pour demain et dodo...

Allez, demain c'est vendredi : early out et week-end de trois jours après ça, yeah !

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