Dans l'avion
La course effrénée de ces dernières semaines prend
finalement fin à l’intérieur de l’avion, avec quelques chocolats et une comédie
romantique.
Hier soir, arrivée à Paris, je découvre avec bonheur que la
consigne à bagages où je dois laisser ma grosse valise pour la nuit est juste à
l’arrivée de la gare. Je perds vite mon enthousiasme au fur et à mesure des
kilomètres pour traverser tout l’aéroport afin de trouver l’hôtel où je dois
passer la nuit…
Je passe le contrôle des passeports et je prends navette et
couloirs, jusqu’à finalement tomber sur ce truc étrange appelé
« Yotelair » (après une bonne demi-heure quand même… !). Clé en
main, je prends juste le temps d’appeler Nathan avant de tout éteindre pour
tenter de dormir un peu ; le réveil est prévu à 5h30 pour être sûre
d’avoir le temps d’aller récupérer ma valise à l’autre bout de l’aéroport et de
revenir m’enregistrer et passer tous les contrôles dans les temps.
Je pars finalement vers 6h moins dix, et je découvre que je
ne suis pas la seule debout à cette heure : l’aéroport est une vraie
fourmilière, toujours en activité. Valise avec moi, je fais demi-tour et
reviens d’où je suis venue ou presque. Un arrêt au comptoir (oui je sais
madame, ma valise fait 30 kilos mais je voudrais l’option bagage lourd
siouplait), puis contrôle des passeports (trop bien ces machines automatiques
qui vont super vite !) et passage de la sécurité (génial, personne ou
presque, je peux défaire et refaire mes affaires tran-quille).
Je file finalement vers la porte (petit arrêt pour acheter
des chocolats à ma famille d’accueil), et je m’installe, cappuccino et cookie
en main, dans un fauteuil ultra moelleux…
J’ai beau être là bien en avance, le monde arrive vite et
les files se créent. Je me fais malheureusement embarquer ma valisette de
cabine (trop de monde !), dans un petit pincement au cœur en pensant à mon
précieux appareil photo que je voulais exprès garder avec moi.
Et c’est parti…
A l’instant je regarde l’écran, et il semble que je survole
de près le Groënland. Impossible de regarder par la fenêtre cela dit, tout
l’avion est plongé dans le noir pour tenter de nous « remettre à
l’heure américaine ». Reste encore 6h14 devant nous, et 5222 km.
Je ne réalise pas vraiment le grand pas que je viens de
faire. Dans les films et les documentaires, on voit les gens changer de vies en
un claquement de doigt, et tout à coup tout est différent. Pour ma part tout
s’est fait incroyablement vite et en même temps par étape, par petit
bout !
Une liste perpétuelle : une fois que j’obtiens le
poste, il faut maintenant se marier. Une fois mariée, il faut obtenir le visa.
Une fois le visa en poche, il faut trouver un locataire et vendre la voiture.
Une fois qu’on a dit au revoir à la Twingo, il faut vider l’appartement et
clôturer tout ce qui ne me sera plus utile. Une fois l’appartement vidé, il
faut faire la valise et ne ranger tout ce qui ne partira pas avec moi. Une fois
la valise bouclée, il est temps de dire au revoir et de monter à Paris. Une
fois à Paris il faut s’embarquer…
Et voilà.
Et tout à coup on y est, en route.
Pour autant la liste continue : il faudra ouvrir un
compte bancaire, faire faire un numéro de sécurité social, passer le permis
américain, trouver un appartement, effectuer les journées de formation,
rencontrer l’enseignante anglaise, préparer la classe, « and the last but
not the least » faire sa rentrée !
Je vis l’expérience via une liste de choses à faire, sans
vraiment réaliser que je pars m’installer dans un pays étranger pour une année
entière !
Le stress monte et à la fois l’excitation d’incroyables
aventures qui nous attendent. Un grand pas complètement dingue, que l’on ne
regrettera pas !
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