AUDII - jour 1


Réveil un peu difficile ce matin, suite à une nuit mouvementée, à cause de la clim bruyante et des lumières du réveil et du micro-ondes...

Une douche pour se réveiller et petit-déjeuner en bas où je retrouve toutes les françaises d'hier. Nous rencontrons même deux nouvelles têtes françaises : un couple, dont seule la femme est enseignante mais le mari a suivi pour la semaine. Français mais ils habitaient juste avant depuis 3 ans sur la côte... anglaise, proche de Brighton !

Petit-déjeuner vite englouti car il est déjà 7h15 et nous partons à 7h30.

En attente de la navette qui doit nous emmener à l'université, quelle belle surprise quand nous voyons arriver... Un bus scolaire jaune !!

Zoé est complètement fan : "Ooooh le bus magique !!"

Arrivés sur place, nous passons signer les feuilles de présence et on nous offre au passage des stylos et des petites gourdes d'eau avec le logo de l'université. Derrière la table, Georgia Geerlings, une des têtes du programme d'immersion français en Utah, qui était venue visiter plusieurs écoles immersion dans le département en décembre dernier, dont notre école !

Lorsqu'elle me voit, elle me saute dessus "Oh bonjour Marie, ça faisait longtemps !!"

Je suis scotchée de sa mémoire : on s'était vues une fois en décembre, lors de deux semaines de visite pour elle où elle a vu un nombre incalculable de nouvelles têtes.

On file finalement vers l'amphithéâtre au rez-de-chaussée pour une première demi-heure, tous ensemble, de présentation du programme immersion en Utah. Avec nous des russes, des portugais, des espagnols, des allemands et des américains. Il y a également un gros programme d'immersion chinois en Utah, mais ils sont tous accueillis dans une université différente.

Nous nous installons dans l'amphithéâtre qui paraît comme neuf, avec un écran géant intégré au mur et relié à l'ordinateur du pupitre. On discute un peu et tout à coup le mur à notre gauche... se soulève ! Ce n'était en fait qu'une paroi, qui se plie comme un accordéon vers le plafond et dévoile une salle aussi grande que celle où nous nous trouvons, avec son propre écran géant. Scotchées !

Même effet quand tout à coup nous nous rendons compte que le mur à droite aussi se soulève, et que c'est encore une autre salle aussi grande qui s'ouvre à nous !

On peut dire ce qu'on veut, mais payer l'université une fortune, ça peut avoir quelques (maigres, certes) avantages.

Deux trois représentants prennent la parole, mais rapidement c'est Greg Roberts, grande manitou et responsable le plus haut de l'immersion, qui prend la parole.

On découvre un américain plein d'humour ("je vous laisse lire les diapos derrière moi pendant que je parle, parce qu'à mon âge c'est difficile de tourner"), qui nous fait l'historique et l'explication du fonctionnement de l'immersion.
Il se trouve que ce système qui fut autrefois une expérimentation, est aujourd'hui un programme jalousé dans toute l'Amérique. C'est apparemment le seul système éducatif qui ait un financement direct de l'Etat, avec même une sorte de loi votée pour permettre au système de recevoir un financement assuré tous les ans. Greg Roberts nous annonce la couleur : en Utah, l'objectif est d'avoir absolument toutes les écoles en immersion d'ici 20 ans.

Et nous ne parlons pas que de l'immersion française, comme je le disais plus haut !

Ils voudraient également ajouter l'arabe à leur programme très prochainement. Voilà un état qui sait faire de l'immersion...

Pourtant pas un budget démesuré : un peu moins de 100 dollars par enfant.

On passe plusieurs diaporamas, il fait également un peu la promo au niveau tourisme. Il termine par une dernière diapo avec un canyon enneigé "And don't forget... Winter is coming !"

Eclats de rire et tonnerre d'applaudissements : un vrai show !
(ceux qui regardent la série Games of Thrones comprendront !)

Nous terminons finalement et nous sommes répartis par langue dans des salles différentes. Nous atterrissons à l'étage avec Georgia, qui est adorable et ultra dynamique.

Elle nous présente le cadre de l'immersion et déjà un peu la façon de fonctionner. Je suis terriblement rassurée, car lors des pauses, les filles semblent complètement submergées et paniquées en voyant les vidéos et les techniques pour enseigner en immersion. Pour moi, que des choses que j'utilise déjà ou presque, je me sens du coup beaucoup plus sereine d'attaquer cette nouvelle année !

Elle nous présente aussi un cadre vraiment structuré, dont je rêvais en France. Les mathématiques sont organisés en séquences, qu'on nous demande d'enseigner de telle date à telle date, le vocabulaire également et on nous donne la liste de vocabulaire et les tournures de phrases qu'on peut proposer aux élèves, mais aussi des attentes claires et listées au niveau expression, compréhension....

Mais quel rêve !

On a l'impression de n'avoir plus qu'à enfiler les chaussures qu'on nous tend, et y aller tout simplement !

A un moment, Georgia nous explique que certains élèves peuvent intégrer un parcours bilingue universitaire qui ne coûte que 45$ l'année. A une condition : réussir un test d'entrée. Problème : ce test est apparemment très difficile...
Ils ont remarqué que leur point noir était la conjugaison, du coup ils ont mis des enseignants sur le coup et ont créé une progression annuelle de conjugaison pour chaque niveau de classe.

Elle nous explique que nous verrons cela demain avec l'un des enseignants qui l'a créé (au passage, cet enseignant c'est Julien Naudot, un des français que j'ai observé en stage et avec qui j'ai été en contact avant de partir). Elle nous montre un petit peu de matériel dont nous devrions avoir besoin pour cette méthode.

"Mais ne vous en faites pas, j'ai déjà imprimé et plastifié toutes les étiquettes dont chacun aura besoin pour son niveau de classe, je vous ai chacun fait une boîte en carton dans laquelle je les ai rangé dans des pochettes et j'ai ajouté du matériel qui pourrait vous aider"

Pardon ???

On se dévisage avec les filles, les yeux ronds. JAMAIS, mais alors JAMAIS je n'ai entendu un seul inspecteur dire qu'il a passé du temps à imprimer et plastifier du matériel pour des enseignant... Et ce n'est même pas un niveau d'inspectrice qu'elle occupe, mais bien au-dessus !!

C'est à peine croyable !

Tout le long elle nous remercie d'être là et de venir en Utah, nous dit que si nous avons besoin de quoi que ce soit en matériel, elle peut l'acheter et nous le déposer... Elle nous donne même son numéro de portable "Je réponds plus vite par message que par mail, n'hésitez pas !"

Une licorne, je pensais que ça n'existait pas dis donc !!

Nous terminons la journée (complètement congelées à cause de la clim : demain c'est jean !!), et retour dans le bus jaune pour l'hôtel.

Juste le temps de monter se changer et nous profitons de la piscine. Papotages et baignades, puis c'est douche et l'heure de se trouver à manger. Pas grand chose à proximité immédiate et clairement la flemme de marcher 30 minutes en plein soleil sous cette chaleur écrasante, en bord d'une double voie bien passante... On a fait hier et j'ai pas adoré !

On a vu passer un livreur de pizzas dans l'hôtel hier ; apparemment on peut se faire livrer jusqu'à sa chambre ! On hésite et finalement on décide d'opter pour une option plus saine : marcher jusqu'au Walmart juste en-dessous et se prendre des salades et autres légumes.

L'avantage, c'est que les américains sont aussi les rois du tout prêt. On trouve donc des boîtes de fruits et de légumes épluchés et découpés, prêts à être mangés !

On fait quand même un tour par le stand des pâtisseries qui paraissent toutes plus écœurantes les unes que les autres. A vous donner des acidités d'estomac rien qu'à les regarder... On s'en amuse, surtout en découvrant les gâteaux licorne et les cheesecake avec 12 parts de goûts différents !

Retour à l'hôtel pour manger ensemble et papoter encore un peu, mais nous filons vite dans les chambres. Aucune idée si c'est la nuit courte, la chaleur ou la clim intérieure, ou encore toutes les informations de la journée, mais nous sommes toutes claquées.

Quelque chose me dit que je ne devrais pas avoir trop de difficultés à dormir ce soir...

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